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Chronique du mois de juin 2003


Webnews

Un «Tag» pour marquer, identifier et contrôler

Big Brother est de retour: à terme, tous les produits - de la canette de bière à la machine-outil - seront estampillés avec un Tag, sceau électronique infalsifiable qui fera le bonheur des firmes actives dans le secteur des technologies de l’information.

Les Tags, appelés aussi transpondeurs, sont des chips électroniques d’une dimension très réduite. L’armée américaine a d’ailleurs développé à titre expérimental une mini-pastille pouvant être posée sur le dos d’une abeille. Cet insecte appréciant tout particulièrement la proximité des mines et explosifs pourra donc indiquer la position des mines puisque par l’intermédiaire du transpondeur, la position de l’abeille est connue.
Cette application militaire ne nous touche évidemment que peu, si ce n’est pour démontrer l’extrême miniaturisation qu’il est possible d’atteindre avec cette technologie. Mais de façon plus concrète, d’autres applications civiles sont en train d’être mises en place. Le fabricant SUN a d’ailleurs rejoint le groupe d’étude et de normalisation Auto-ID. Et ce n’est pas un hasard car cela sous-entend un développement exponentiel des besoins d’intégration de réseau tant en bande passante qu’en gestion d’information.

De l’abeille au cargo

A l’autre extrême du «Tag antimine» de l’abeille, le trafic maritime de containers se dotera aussi de Tags. D’une part, pour suivre à la trace les conteneurs, vérifier que ceux-ci sont restés intacts durant le trajet et même vérifier qu’ils n’ont pas dû subir d’élévation de température trop importante ou d’altération d’espace par exemple par le percement d’un trou. Ainsi, les contrôles douaniers s’automatisent car le contenu d’un cargo peut se faire à distance par un lecteur.
D’autre part, des applications autrement plus importantes en terme de quantité et d’intérêt commercial sont déjà opérationnelles. Il s’agit tout simplement de l’identification d’articles de grande consommation. C’est-à-dire que le système dénommé Auto-ID tendra à remplacer le code-barre bien connu des consommateurs.

Qu’est-ce qu’un
transpondeur?

Pour faire court, le Tag aussi dénommé «marqueur transpondeur» est le digne successeur électronique du code-barre, car il ne se contente pas d’identifier la marchandise à laquelle il est lié. Il peut aussi faire évoluer l’information qu’il porte en lui et emmagasiner une information supplémentaire au fur et à mesure de son trajet depuis le fabricant vers le consommateur en passant par les distributeurs et les détaillants.
Ainsi, le marqueur-transpondeur est une puce électronique passive, c’est-à-dire qu’elle ne contient en elle-même absolument aucune source d’énergie électrique. Ceci implique notamment qu’elle est inoffensive pour les êtres vivants et ne provoque aucune perturbation électromagnétique puisque la plupart du temps elle est inactive. Elle se réveille lors de l’approche d’un lecteur l’alimentant en électricité via un champ magnétique. Selon le principe du transformateur, ce magnétisme est transformé via un bobinage en un faible courant électrique. Ce courant est alors capable de lire le EPC Electronic Product Code. Ce code est au format suivant:


ww . xxxxxxx . yyyyyy . zzzzzzzzz
[w]: «header» permettant d’identifier le type de codage
[
x]: code du fabricant
[
y]: code de la ligne de produit
[
z]: code unique par produit

Cette codification est similaire au code-barre dans sa structure, mais le dépasse en étendue. Voyez plutôt: ce code à 96 bits permet d’adresser 268 millions de fabricants ayant chacun 16 millions de lignes de produits. Ceux-ci sont alors numérotés de façon incrémentale jusqu’à 68 milliards.
Cette méthode, fort simple mais très structurée, permet d’identifier les produits mais aussi de les suivre à la trace. Ainsi, le lecteur, après avoir lu et compris la première partie [x], se connectera au serveur central Internet répertoriant les fabricants et le guidera vers l’adresse Internet correspondant au fabricant du transpondeur. Là, selon chaque fabricant, une procédure spécifique entrera en jeu. Soit: identifier simplement le produit par son nom et son numéro de série. Et dans un second temps, cette transaction vient nourrir une base de données permettant de savoir par quelle étape a transité le produit. Cette base de données est gérée de façon décentralisée par le fabricant, lui permettant de connaître, par exemple, quelles quantités de cannettes ont été vendues et dans quel supermarché. Cela simplifie toute la logistique, de la commande à la livraison. Ce système permet aussi de suivre l’acheminement d’un produit tel que le proposent déjà les transporteurs de fret internationaux ou encore certains fabricants d’ordinateurs, vendant exclusivement par Internet.
Pour les chaînes de distribution telles que les supermarchés, c’est un gigantesque bond en avant: le passage devant une caissière devient inutile puisqu’il suffit à l’acheteur de passer au travers d’un portique pour connaître immédiatement le prix de ses achats. Le gérant de la surface de vente apprend simultanément quels produits sont sortis de la surface de vente et peut immédiatement passer une commande de réapprovisionnement à la centrale. Le vol devient beaucoup plus difficile puisque chaque article est détecté à sa sortie du magasin.

Respect de la sphère privée

Certes l’utilisation de marqueur-transpondeur conforme à la norme Auto-ID automatise et simplifie les flux logistiques, mais peut-on raisonnablement laisser ces informations dans la nature sans risques de dérapages? Car cette systématique d’identifier tout produit manufacturé ne se limite pas uniquement à simplifier l’acte d’achat, ce Tag peut encore servir plus tard pour connaître la date de validité de la garantie d’un produit ou encore pour faire office de maintenance prédictive.
Mais que dire de la protection de la sphère privée... Car les lecteurs de transpondeurs des douanes pourront aussi savoir ce que tout touriste transporte dans sa valise lorsqu’il part en voyage. Et les cambrioleurs astucieux auront aussi la possibilité de scanner une voiture pour identifier les objets de valeur se trouvant à l’intérieur!
Il est difficile de savoir si les avantages compensent les inconvénients, c’est d’ailleurs le propre de toute nouvelle technologie.

Projetons-nous dans l’avenir

Rares sont les hommes appréciant particulièrement d’aller aux achats... Demain ce sera peut-être possible de faire l’impasse sur cette activité peu créative si l’identification par transpondeur se généralise! Comment est-ce possible? Par une conjonction de plusieurs fonctions interactives avec pour point commun Internet. Le réfrigérateur du

Les suisses et l’Auto-ID

Voici encore une série d’adresses d’entreprises pour compléter ce dossier sur les transpondeurs:

CFG SA
1110 Morges
Tél. 021 804 50 60, fax 021 803 07 76
http://www.cfg.ch

Elcode,
Représentant en Suisse des lecteurs de code-barre Denso,
9430 St.-Margrethen,
Tél. 071 747 58 40, fax 071 747 58 48
http://www.strichcode.ch

EM Microelectronic Marin SA
2074 Marin-Epagnier
Tél. 032 755 51 11, fax 032 755 54 03
http://www.emmicroelectronic.com

Microcid SA
1400 Yverdon-les-Bains
Tél. 024 423 97 70, fax 024 423 97 72
http://www.microcid.ch

Proxitec Engineering,
8630 Rüti,
Tél. 055 240 50 25, fax 055 240 50 21
http://www.proxitec.ch

Sokymat SA
1614 Granges (Veveyse)
Tél. 021 908 01 00, fax 021 908 01 01
http://www.sokymat.ch

Congrès et expositions
«ID World» est un congrès international qui aura lieu à Paris du 20 au 21 novembre 2003.
http://www.idworldonline.com

«ident.de» est une exposition spécialisée sur la saisie automatique d’informations et l’identification. Elle se déroulera à Wiesbaden, en Allemagne, du 30 septembre au 2 octobre 2003.
http://www.ident.de

futur contiendra un scanner qui lira à intervalle régulier le contenu de chaque étagère. Il tiendra à jour la liste des produits approchant de la date de péremption et s’approvisionnera automatiquement via un supermarché en ligne par exemple www.leshop.ch. Ce scanner permettra aussi au PC de réactualiser sa base de données lorsque la ménagère l’aura réapprovisionnée. Cela paraît simple et logique toutefois, il faut garder en tête que pour chaque produit scanné, par exemple le litre de lait, un code à 96 bits est lu. Celui-ci est décortiqué: la première partie correspondant au fabricant permet au PC auquel le scanner est branché de contacter un serveur central par Internet et de lui demander l’adresse du fabricant. Et quand ce dernier est contacté, le PC pourra savoir qu’il s’agit d’un litre de lait, avec les données liées: date ultime de vente et de consommation. Ensuite, au vu du stock restant, des habitudes familiales, de la date des prochaines vacances, le PC pourra en toute connaissance commander à nouveau du lait. Le PC aura bien évidemment comparé le prix, la qualité et la date de livraison de différents fournisseurs avant de passer commande. Cette fable du futur peut évidemment s’appliquer également à tout autre produit industriel, de l’outillage à l’outil, du bidon d’huile de coupe aux bouteilles des fontaines distributrices d’eau.

Tatouage numérique:
ce qu’il faut savoir

Sun Microsystems s’est rallié au projet Auto-ID Center initié par le Massachusetts Institut of Technology (MIT) et est supporté par de nombreuses autres firmes telles que Motorola et les principaux intéressés tels que Procter & Gamble, Gillette, Unilever ainsi que les chaînes de supermarchés américaines Wall-Mart et les anglaises Tesco. Ce choix stratégique est logique pour Sun qui proclame haut et fort que «The Network is the Computer», car il est évident que ce nouveau pas technologique va doper les besoins en infrastructure de réseaux, tels que serveurs et bande passante.
L’identification par radio-fréquence (RFID) est un domaine où la recherche est loin d’être terminée notamment pour pouvoir proposer des antennes en encre conductible permettant ainsi de réduire le coût des Tags en les imprimant. Ou encore de rendre ces «Smarts Tags» actifs en détruisant une partie de l’identité du code lors du passage à la caisse.

Informations:
Sun Microsystems, 1207 Genève,
Dirk Heyman, Président du Conseil Technologique et membre du Comité exécutif de Auto-ID Center
Tél. 022 707 78 07,
Fax 022 707 78 88
http://www.autoidcenter.org

Ce texte est tiré du magazine MSM06/2003, Le Mensuel de l'industrie, Rubrique WebNews

Auteur: Jean-René Gonthier