Autour de la Fontaine de Sommentier

Auteur: Sylvette Mauron

Sommentier... Il faut le dire avec cet accent qui chante et flâne.
Sommentier dans la Glâne, une adresse de vacances, un beau pays où la vie glisse paisible.

La Gruyère n'est pas loin, et son Moléson, gonflé d'orgueil d'être entonné par toutes les chorales ne fait quand même pas le poids à côté des "grands" des hautes Alpes. Si depuis Genève on voit le Mont-Blanc, depuis Sommentier on voit la Jungfrau. Mais ne vous extasiez pas trop sur son élégance et sa noblesse quand les paysans faneront sous un soleil de plomb: si la Jungfrau jaillit ainsi claire et droite, c'est la pluie qu'elle prédit.

Tous paysans, à Sommentier, à part l'instituteur, le laitier, le postier, Sidonie la tisserande et son frère le peintre-poète, monsieur le Curé, même le beau dragon, élégant comme sur les cartes postales. La vie est simple reglée par les saisons: en été du travail à foison, l'hiver la forêt et le bétail. Point de champs de blé, l'altitude (920 mètres) et le climat rude n'y sont pas favorables. Le slogan cher au Gros-de-Vaud, une ferme=un tracteur, n'est ici qu'un vain mot. Les chemins vicinaux ont souvent une poésie rugeuse, et des chevaux galopent dans les enclos. On goudronnera bientôt. Quand? Où commencera-t-on pour mettre tout le monde d'accord?

Pas de légendes romantique à Sommentier, qui coule ainsi des jours calmes, depuis le XIIIe siècle. Au XVIe , la commune, connue auparavant sous le nom de Sumentier, prête hommage au couvent de Hautcrêt qui lui laissera en souvenir, jusqu'à la fin des temps une clé sur son blason.

On ne voit pas le temps passer, comme dans l'Ardèche de Jean Ferrat. Il ne manque rien au bonheur des gens de Sommentier... tout juste une pinte oi étancher leur soif et éteindre le feu des querelles ancestrales dans des flux de petit blanc pacificateur.

Source: une image de l'exposition du 7 décembre à Sommentier